ThaïlandeChambre de Commerce Franco-Thaïe

Thaïlande

Contexte Economique

Cadre général

Avant la crise asiatique de 1997, le PIB thaïlandais, stimulé par l’exportation de produits manufacturés, augmentait à un rythme élevé. La Thaïlande faisait partie des Dragons d’Asie, dont les performances économiques étaient qualifiées de miracle par les économistes. Entre 1985 et 1995, la croissance économique progressait à un rythme élevé de 9% par an en moyenne.

Touchée de plein fouet par la crise asiatique de 1997, la Thaïlande est véritablement sortie de la crise depuis 2003, au prix d’une politique économique restrictive.

De son élection en 2001 à son exil suite au coup militaire de 2006, le premier ministre Taksin Shinawatra a mis en place une politique populiste (programme d’aide pour les fermiers, programme d’hospitalisation pour 30 baths, subventions aux villages), et une stratégie économique tournée vers l’export (multiplication d’accords multilatéraux ou bilatéraux) tout en maintenant la demande intérieur par des investissements publics (programme des mégas projets). Cette stratégie économique a connu un certain succès, la Thaïlande enregistrant une croissance de 5.2% en 2002, 6.9% en 2003 et 6.1% en 2004, soit les plus hautes performances de l’Asie du sud-est (Chine inclue).   

Bien que moins performante depuis 2005, principalement à cause de l’augmentation des prix du pétrole, de la hausse du baht par rapport au dollar et au yen qui rend les exportateurs thaïlandais moins compétitifs par rapport à leur concurrent de la région, et de la crise politique intérieur (manifestations anti-taksin en 2006, menant au coup d’état de septembre 2006), l’économie thaïlandaise semble demeurer en bonne santé et devrait croitre, en 2007, et en 2008 (estimation de janvier 2008) aux alentours de 4%. Les principales incertitudes portent sur les conséquences de la récession américaine sur l’économie thaïlandaise et, sur le risque de tentations protectionnismes en Thaïlande, qui aurait pour conséquence d’enfoncer le pays dans le cercle vicieux suivant :

Faible moral des ménages et des industriels (du au mauvais climat politique) => chute des importations => surplus de la balance commerciale => appréciation du baht => perte de compétitivité à l’export => baisse du moral des ménages et des industriels.

Pour 2008, les analystes prévoient une augmentation des importations de produits finis ou semi-finis, encouragées par le gouvernement d’une part pour permettre de faire baisser le baht (en réduisant le surplus de la balance commercial), et d’autre part pour accroitre la capacité de productions des manufacturiers de produits électroniques, pétroliers et chimique, automobiles et électroniques, qui opèrent à plus de 80% de leur capacité.

Structure par secteur

Structure de l’économie thaïlandaise par secteur d’activité

Secteur

% du PIB

% de Pop active

Agriculture

10

40

Industrie

44

15

Services

46

45

L’agriculture

Si la modernisation de l’économie a permis une diminution du poids de l’agriculture dans l’économie (moins de 10% du PIB), le secteur agricole reste le plus grand pourvoyeur d’emploi du pays, employant à 40% de la population active. La Thaïlande occupe un poids important dans le commerce international de plusieurs produits agricoles, en particulier  le riz (1er exportateur mondial), le manioc (2e), le sucre (3e), le latex (3è). Une multitude de fruits et légumes (ananas, mangues,  papayes, bananes) sont cultivés pour le marché local (produits frais) et pour l’export (produits transformés et conserves).

En matière d’élevage, le poulet et le porc, sont prédominants. La pêche a également un poids important, ainsi que l’aquaculture, qui ensembles, permettent au pays de figurer parmi les 10 premiers producteurs mondiaux de produits de la mer (1er exportateur de crevette surgelée).

L’industrie

Le secteur industriel a connu un développement fulgurant au cours des dernières décennies. En 1965, il ne représentait que 14% du PIB, puis 27% en 2000, et 40% en 2007. Le tableau ci-dessous rend compte des principales industries du royaume en 2006.

Les principales branches de l’industrie thaïlandaise sont le textile, l’automobile, . L’industrie légère est très importante, puisqu’elle regroupe entre autres la production de bijoux, de composants électriques, de circuits intégrés et de plastiques.

L’industrie se concentre également dans les secteurs destinés à l’export comme les véhicules, l’électronique, les biens électriques et le textile. Avec le renforcement de la présence de Toyota et de Ford, l’industrie automobile est en plein boom (+ 34,8% en volume en 2005). Le textile, en revanche, souffre d’un manque de compétitivité face aux fournisseurs vietnamiens et chinois.

Les services

            Les services, en Thaïlande, font parti des activités protégées, et donc non-ouvert à la concurrence. Ainsi, la création d’une société de service est contrôlée par le ministère du commerce. Un étranger désirant créer une société de service doit obtenir une autorisation du directeur du bureau de l’enregistrement commercial du ministère du commerce (DBD) et un avis favorable du Foreign Business Board.  

L’économie thaïlandaise est trop dépendante de l’environnement international. Le nouveau gouvernement, nommé depuis février 2008, aura pour principal objectif de relancer la demande intérieur, d’autant qu’avec la crise américaine, le climat internationale ne semble pas pouvoir supporter la croissance du pays.

Commerce extérieure

Comme nous l’avons vu précédemment, le commerce extérieur est la locomotive de la croissance thaïlandaise. La Thaïlande profite de ses nombreux accords commerciaux (bilatéraux et régionaux) pour développer ses exportations (voir accords multilatéraux et bilatéraux). Cependant, il est important que la Thaïlande réussisse à « monter en gamme sa production ». L’ouverture de la Chine, de l’Inde et du Vietnam concurrence ses industries traditionnelles à forte main d’œuvre (agriculture et industrie textile principalement), qui, si elles ne représentent que 15.6% des exportations en 2006, occupent plus de 45% de la population active (voir la structure du commerce extérieur).

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